Origine de la légende
La légende raconte que vers 1250, deux jeunes bergers qui gardaient leur troupeau virent apparaître une dame d’une grande beauté, toute vêtue de blanc, au pied d’un buisson auprès duquel coulait une source.
Pris de peur ils s’enfuirent.
Après avoir conté leur aventure à leurs parents, tout le monde revint sur les lieux et trouvèrent à la place une statue sculptée dans du bois de noyer.
Pour la placer dans un lieu plus digne, elle fut apportée dans l’église de La Pujade, mais le lendemain elle était revenue au bord de la source. Ils prirent alors la statue pour la porter à l’église de Saint Michel, plus belle et plus grande, mais oh ! prodige, le lendemain elle était à nouveau de retour.
Considérant que c’est au pied de la source que la statue voulait être, elle y fut installée.
« Cette apparition fut rapidement connue et de toute la contrée les pèlerins vinrent s’agenouiller et boire l’eau de la source. »

Éléonore de Provence
Éléonore de Provence ou Aliénor de Provence, née vers 1223 à Aix-en-Provence, morte le 25 juin 1291 en l’abbaye d’Amesbury, est une princesse de Provence. Elle devient reine d’Angleterre par son mariage avec Henri III d’Angleterre (Plantagenêt).
Lors d’un déplacement à Monségur, en 1265, elle fit édifier la première chapelle de Notre-Dame de La Pujade après avoir eu connaissance de l’histoire « miraculeuse » attachée à ce site.
Selon la tradition orale, une grotte de 12 pieds d’enfoncement et 14 de largeur soit 3,65m par 4,25m fut aménagée pour abriter la statue. Ce sanctuaire prit le nom de Notre Dame de La Pujade et fut doté de diverses terres pour les prêtres et les moines qui s’y sont succédés.

Chronologie
Au XIV°siècle on compléta la chapelle par une nef à laquelle on donna les proportions de la Santa Casa de Nazareth, vénérée en Italie à ce moment là sous le nom de Notre Dame de Lorette.
Nous avions donc là finalisé la construction de l’église primitive de Notre Dame de La Pujade, qui dans son entier conservait un double souvenir: par la grotte d’Éléonore, origine des pèlerinages, et par sa nef, celui de la Vierge Marie (Santa Casa).
Entre le XIV° et le XVII°siècle, on ne retrouve pas d’écrits à ce jour qui relatent l’histoire du lieu.
A partir de 1600, l’évèque de Bazas confie la garde du sanctuaire aux moines Récollets de l’abbaye de Lauzun. En plus de recevoir les pèlerins, ils vont soigner les malades. Pour entretenir la chapelle, ils fabriquaient des chapelets dans une vieille masure appelée « la Chapelèterie » aujourd’hui disparue. Vous pouvez retrouver ce nom devant la maison construite sur les ruines du couvent des Récollets.


C’est en 1634 que Notre Dame de La Pujade devient Notre Dame de Lorette à la demande de Henri de Listolfi Maroni, aumonier du roi et évêque de Bazas.
De retour d’Italie où il avait vu la Santa Casa de Notre Dame de Lorette et connaissant le sanctuaire de Notre Dame de La Pujade et son histoire, il proposa d’en changer le nom.
De 1700 jusqu’à la Révolution le sanctuaire fut gardé tour à tour par les religieux Carmes, puis les vicaires de Mongauzy qui logeaient au couvent dont on ne voit aujourd’hui que l’emplacement à 30m au couchant en face de l’église. Le saccage de l’évéché de Bazas pendant la révolution nous prive des archives qu’il possédait.
En 1789 les biens de l’église sont saisis et vendus aux enchères, le sanctuaire va péricliter jusqu’en 1830.
Renaissance et développement du site
En 1830 l’abbé Dupuch, futur évêque d’Alger, tombe amoureux du site et va lever des fonds pour sa restauration. Il va faire venir le Cardinal de Cheverus, archevêque de Bordeaux, cette réception épiscopale va relancer les pèlerinages.
Quelques années plus tard en 1837 le cardinal Donnet, nouvel archevêque de Bordeaux, vient faire une visite et tombe lui aussi sous le charme de cet édifice encore plus ou moins en ruines.
Dès que le sanctuaire retrouve toute sa splendeur il va revenir solennellement pour un pèlerinage en 1855 où une foule si nombreuse ne peut contenir dans l’édifice.
A partir de ce moment le Cardinal DONNET, aidé par le comte O’Kelly, châtelain de Lamothe Landerron qui fut le premier à écrire l’histoire de Lorette dès 1840, va charger son vicaire principal d’étudier le projet de construction d’une église.
Nouvelle église en 1864
C’est l’architecte bordelais Jean-Jules MONDET qui est en charge du projet. La consigne du cardinal Donnet est claire: il ne faut pas modifier la chapelle. La nouvelle église sera donc construite au-dessus de la chapelle originelle, constituée de trois nefs, une abside et deux absidioles.
Le financement trouvé les travaux commencent en 1860, rapidement les plans sont modifiés pour s’adapter aux contraintes du terrain.
Les surcoûts sont difficiles à financer ce qui amputera le monument de quelques finitions comme les sculptures des chapiteaux des piliers. Les ébauches de ces sculptures sont visibles en levant la tête.












